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de

Patrice Franchet d'Espèrey 

 

Site dédié à l'équitation française

Le Ramener,

dans sa forme la plus aboutie,

établit l'encolure comme une pyramide au-dessus des épaules du cheval,

le bord supérieur de l'encolure s'arrondit tout en remontant vers la poitrine du cavalier.

 

Il diffère par essence du ramener par avancée de la nuque au-dessus du mors obtenue par  poussée de l'arrière-main sur une main fixe. Cette dernière technique caractérise la mise sur la main.

 

 René Bacharach sur Cantador 1972

 

 

LA MISE EN MAIN

se définit par la « décontraction de la bouche dans le ramener. C’est un mouvement de la langue analogue à celui qu’elle exécute pour la déglutition et qui soulève le ou les mors. » Général Albert Decarpentry, Équitation académique, 1947

 
Dans l'emploi des aides qui caractérise la mise en main, la main commence le premier effet et les jambes  accompagnent ce mouvement, ainsi que le décrit François Robichon de La Guérinière dans École de cavalerie de 1733.


L’appui sur le mors se réduit momentanément au contact minimum jusqu’à la descente de main au cours de laquelle le cheval prend en charge sa posture quoique le cavalier  lui rende la main et le laisse continuer son mouvement de lui-même, les rênes étant complètement flottantes.


La mise en main est orientée vers la recherche de la flexibilité des ressorts du cheval considéré comme un danseur étoile qui tente d'exprimer une intention poètique et philosophique. La mise en main est le fondement de l'équitation à la française.

 

LE RAMENER

 

doit être obtenu à partir de la mobilité de la mâchoire, c'est-à-dire lorsque l'on ne sent plus aucune tension sur les rênes, et la bouche doit suivre la main sans qu'aucune tension ne réapparaisse, donc dans la mise en main, pas de tension sur les rênes !

 

Quelques précisions concernant

LA  MOBILITE DE LA MACHOIRE

Voici un exercice (voir la vidéo ci-dessous) pour l'obtenir par un travail d'ensemble qui n'exclut pas, cependant, une éducation spécifique de la bouche :

Marcher droit et relever progressivement l'encolure à chaque pas en suivant bien les mouvements horizontaux et en agissant vers le haut au moment où l'encolure fait elle-même ce mouvement naturel qui caractérise un des temps de la foulée au pas.

Relever jusqu'à  ce que le cheval s'arrête et demander par un nouvel effet d'élévation, mais sans forcer, quelques pas de reculer en décomposant bien chaque pas : demander chaque pas séparément du suivant, dès qu'il s'effectue, abandonner complètement la tête pour qu'il recule totalement libre mais sans abaisser l'encolure ;

laisser chaque pas mourir de lui-même avant de demander le suivant et dès que la mobilité de la mâchoire apparaît (c'est dans ces conditions qu'elle apparaît, c'est parfait car alors on n'a pas besoin de faire une éducation spécifique et locale de la mâchoire, cela vient des conditions générales de flexibilité que donnent l'élévation dans le reculer) marcher en avant en avançant complètement les mains pour être sur que l'encolure retrouve tout son jeux naturel vers l'avant ;

Une fois la marche en avant bien entamée, reprendre le contact de la bouche et suivre tous ses mouvements tant qu'il n'y a pas de tension exercée sur les rênes et tant que la base de l'encolure se soutient. Dès qu'une tension apparait, relever pas à pas en marchant jusqu'à l'arrêt, reculer, etc. faire tout cela sur une ligne droite et dès que le contact avec la main est bon, marcher sur des courbes. Traiter les tensions sur la main comme précédemment.

Quand tout va bien, l'encolure doit présenter une légère courbe harmonieuse, la tête ne doit pas faire un mouvement de pioche de haut en bas et la nuque ne doit pas se fermer d'elle-même et plus que le reste de l'encolure. La courbe doit rester très légère et la nuque doit continuer à bouger naturellement. La main doit avoir la sensation que tête et encolure sont complètement flexibles et soutenues.

 

LA PLASTICITE POSTURALE

 

C'est la faculté que possède le cheval de passer à tout moment d'une posture à une autre en conservant sa flexibilité, de passer du ramener à l'élévation de l'encolure avec la nuque ouverte, de cette élévation au ramener ou à l'extension de l'encolure le nez se rapprochant du sol puis de revenir à l'une ou l'autre de ces postures en suivant la main sans exercer de tension sur les rênes au cours de ces changements. Ces passages d'une posture à une autre doivent devenir un jeu permanent qui maintient la flexibilité de l'ensemble du cheval et l'empêche de se figer du point de vue musculaire.

 

  

Interview de Patrice Franchet d'Espèrey par Mikołaj Chełkowski